Répercussions chez l'adulte/récapitulatif

 

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Les types de maltraitance
Etat de stress chronique
Troubles du développement psychologique
Troubles des fonctions physiologiques
Répercussions chez l'adulte/récapitulatif
Références et liens

 

 

 

Ce sont principalement des répercussions psychologiques qui vont affecter la personnalité et le caractère de façon durable.

Les répercussions de type physique seront plus réactionnelles comme par exemple un accès d'eczéma, une crise d'asthme, des nausées avec perte d'appétit lors d'une contrariété ou d'un choc plus important.

Depuis quelques années, la parole et la pensée des adolescents et des jeunes adultes se libérant, les réticences à se confier à un thérapeute disparaissant, la recherche d'une écoute étant de mieux en mieux acceptée, une démarche qui entre dans les moeurs, les secrets qui ternissaient leur vie, les hantaient ou les empêchaient de vivre comme ils l'auraient souhaité sont dévoilés.
Dans ma pratique, au cours de ces dernières années, j'ai entendu les récits de jeunes femmes et de jeunes hommes ayant vécu durant leur enfance et, pour quelques uns d'entre eux, jusqu'à la fin de leur adolescence, dans un état de stress chronique: hantise d'attouchements sexuels commis par un membre de leur entourage, manque d'affection, de tendresse et d'attention d'une mère froide et/ou indifférente plus préoccupée de sa vie de femme que de mère, père dur, violent, alcoolique parfois, prompt à donner des coups, à infliger des punitions sans que l'on sache pourquoi, cette mère et/ou ce père l'insulte à la bouche, prêts à humilier l'enfant par des propos et des remarques indignes d'une figure parentale.

En dehors d'un parcours professionnel parfois brillant, toutes ces jeunes personnes, hommes et femmes, présentaient cependant un tableau psychoclinique commun sur plusieurs points et c'est ce qui me fit réfléchir sur l'influence à long terme de la maltraitance, même une fois disparue, mais toujours au rang des souvenirs.

Voici les symptômes psychologiques résiduels à l'âge adulte du stress chronique vécu pendant l'enfance tels que je les ai répertoriés:

- une humeur de tendance dépressive sur fond de mélancolie avec attitude plutôt taciturne et réservée, parfois effacée; personne qui pourra être résignée face aux difficultés de la vie, cherchant même parfois à les provoquer, en particulier quand elles apparaissent dans la relation de couple.

- angoisse diffuse généralisée de type existentiel avec préoccupations ou inquiétude sur tout, s'attendant à ce que quelque évènement tragique vienne à lui barrer la route, voyant toujours le pire à sa porte: on dit de cette personne qu'elle est "une grande anxieuse, une grande angoissée".

- doute sur soi y compris quand il y a réussite socio-professionnelle, et manque de confiance en autrui qui s'apparente plus à cet âge adulte à de la circonspection malgré un entourage stable et sécurisant. Cette circonspection est observable principalement dans la relation de couple; d'où le besoin d'être toujours réconforté, rassuré tant sur soi que sur l'amour et l'affection que lui porte le conjoint. Aura tendance à provoquer le conjoint dans un "testing des limites" pour voir si celui-ci ou celle-ci l'aime vraiment et compte rester avec lui ou elle; ce qui déstabilise ce conjoint et le perturbe, quitte à l'irriter.

- personnalité de tendance passive-agressive explicable par la difficulté à montrer ses sentiments négatifs, tout comme les positifs par ailleurs, s'étant conditionné à intérioriser son ressentiment, parfois sa haine par peur d'être puni, ayant appris à n'être qu'un minimum responsable de ses actes quand les figures parentales lui ont enlevé toute velléité d'autonomie par les brimades, humiliations et autres mauvais traitements, donc qui aura tendance à rejeter sur autrui blâme ou faute quand il y a, à cause d'une peur ancienne trop intense vis-à-vis de la personne adulte, peur qui ne peut être oubliée.

- les quatre caractéristiques énoncées supra risquent de rendre les relations amoureuse et de couple plutôt difficiles sans oublier des relations de parent à enfant tout aussi chaotiques quand l'enfant maltraité devenu parent se surprend malgré lui à reproduire le modèle parental négatif.

Que se passe-t-il dans le couple? Facilement atteint dans sa sensibilité et prompt à se replié sur lui-même, quitte à donner l'impression d'être une "loque"* devant l'adversité, l'adulte qui a été maltraité quand enfant, ne peut avoir vraiment confiance en autrui, lui tend des pièges pour savoir si l'autre l'aime; il hésite ou même refuse de prendre des décisions et laisse l'autre les prendre pour lui ou pour l'ensemble de la famille; des attitudes faites d'ambivalence qui déstabilisent le partenaire de vie mais qui sont, de fait, une prolongation de ce que cet adulte a vécu quand enfant, précarité, manque de stabilité, messages contradictoires, incertitude quant aux bons sentiments et à l'authenticité de l'autre, difficulté à s'assumer et à prendre des responsabilités puisqu'on l'empêchait d'agir ou qu'on le critiquait de manière négative.

Ces constats font penser à un phénomène de rémanence, les adultes que je vois en consultation n'ayant pas effacé de leur mémoire les mauvais traitements subis durant l'enfance puisqu'ils continuent à réagir de la même manière qu'autrefois alors qu'il n'y a plus de maltraitance.

Cependant, si la perception idéique, sous forme d'images mentales, des souffrances endurées  peut demeurer dans la mémoire, y compris après une psychothérapie,  ces images n'interfèrent plus avec la vie de la personne quand on parvient à remettre le passé vécu au présent au rang du passé. Dans ce cas, le caractère obsessionnel des images mentales et les émotions négatives qui y étaient rattachées s'effacent. Il faut pour atteindre ce but, en particulier grâce au processus psychothérapique,  contrôler la récurrence des images mentales obsessives et neutraliser leur caractère émotionnel.

 

En résumé, à l'âge adulte, si l'on est parvenu à transcender les souffrances vécues pendant l'enfance et à l'adolescence, malgré les aléas d'une vie relationnelle compliquée, le processus de réalisation de soi reste intact et peut s'en retrouver même renforcé.

 

* Terme employé, quand elle se mettait à crier après lui, par une épouse en parlant de son mari qui, enfant, avait été le "souffre-douleur" de parents alcooliques.

 

Suite dans le récapitulatif et nouveau texte au sujet des répercussions sur la personnalité

 

                                                                

                                                                          

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Copyright © { juin 2007} {Dominique Brunet, Ph.D.}. Tous droits réservés.

révision novembre 2012

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