Les types de maltraitance

 

Index
Les types de maltraitance
Etat de stress chronique
Troubles du développement psychologique
Troubles des fonctions physiologiques
Répercussions chez l'adulte/récapitulatif
Références et liens

 

I/ Les types de maltraitance

 

Il y a deux types de maltraitance: la maltraitance corporelle qui s'exprime sous deux formes physique et/ou sexuelle et la maltraitance psychologique.
Ces trois formes de maltraitance sont liées le plus souvent, la maltraitance physique et/ou sexuelle s'accompagnant, il est inutile de le rappeler, de souffrances psychologiques intenses chez l'enfant dans lesquelles se mêlent colère, ressentiment, honte, humiliation, peur, désespoir, sentiments d'abandon, d'injustice, de trahison de la part de l'adulte.

Vice versa, tout comme dans les cas de maltraitance corporelle, la maltraitance psychologique présente, elle aussi, en plus de ses effets sur le psychisme de l'enfant, des effets physiologiques à plus ou moins long terme, effets physiologiques qui sont autant de réactions au stress chronique occasionné par un état d'angoisse qui ne se relâche pas et par une tristesse sans fin.

 

blue05_next.gif La maltraitance physique/sexuelle et/ou psychologique à répétition met l'enfant dans une situation de stress chronique; d'où risque de répercussions à la fois physiques/physiologiques et psychologiques à plus ou moins brève échéance.

 

Il y a maltraitance corporelle quand l'intégrité physique de l'enfant est atteinte et qu'il subit des sévices corporels: enfant battu, giflé, violenté, enfant séquestré, enfant privé de nourriture, subissant des attouchements sexuels et/ou violé. A noter que la maltraitance, physique à ses débuts, peut conduire l'agresseur à commettre des violences sexuelles par la suite.

A la différence de la maltraitance physique identifiable à plus ou moins court terme quand il s'agit de coups et blessures, les cas de maltraitances sexuelle et psychologique sont difficiles à détecter.

Une chappe de plomb règne sur les abus sexuels soit par ignorance des faits de la part de l'entourage de la petite victime, soit parce que cet entourage ne veut rien savoir de ce qui se passe en restant sourd et aveugle, la petite victime elle-même étant trop apeurée pour alerter qui que ce soit alors qu'elle est, le plus souvent, maintenue au silence par son agresseur étant donné les pressions qu'il exerce sur elle, par la force et/ou la persuasion, toujours par le mensonge et l'hypocrisie.
Dans le cas de la violence psychologique intra ou extra-familiale, ses effets pernicieux ne sont pas tout de suite reconnus ni par l'enfant qui en est la victime parce qu'il ne comprend pas ce qui lui arrive, ni par ceux de l'entourage soucieux de son bien-être car, comme tout ce qui a trait au psychisme, le processus de déstabilisation  et ses conséquences destructrices s'installent de façon insidieuse en s'étalant sur un temps plus ou moins long.

En exemples de maltraitance psychologique:

- les agressions verbales comme les brimades, insultes, jugements négatifs sur l'apparence physique, les comportements, la performance scolaire, le niveau intellectuel, etc..., à commencer par le "tu es un incapable", "tu ne réussiras jamais", "tu es nul", "jamais tu n'y arriveras",

- la carence affective parentale, maternelle et/ou paternelle, avec une ou les deux figures parentales instables, indifférentes, peu présentes ou carrément absentes,

- la privation du parent aimant et maternant (on parle de plus en plus de figure d'attachement) dans les cas de séparation parentale problématique principalement quand le parent qui est craint ou perçu comme "méchant" a obtenu soit la garde totale de son ou de ses enfants, soit une garde alternée mal vécue par l'enfant.

Il y a aussi des exemples où la maltraitance est extra-parentale de nature intra-familiale quand l'agresseur est un parent proche, frère, oncle, cousin; ou bien de nature extra-familiale quand l'agresseur est une personne ayant une relation privilégiée ou significative avec l'enfant ou l'adolescent, personne qu'il admire, parent-substitut, éducateur.

 

Quel qu'en soit le type, physique/sexuel, et/ou psychologique, dans sa forme, parentale ou extra-parentale, le fait d'être maltraité en permanence brise, ralentit ou fait régresser la relation de l'enfant au monde car, à plus ou moins court-terme, par phénomène de généralisation [une des lois du comportement humain], sa relation à la figure parentale va conditionner sa relation à toute personne adulte avec tout ce que cette personne aurait pu représenter en termes de respect, obligations, connaissances, sécurité, protection (d'où les phénomènes d'opposition soit rébellion, négation, scepticisme, doute, manque de confiance de la part de l'enfant et de l'adolescent vis-à-vis des adultes); d'autre part, là aussi à plus ou moins court-terme, la perception qu'il va avoir de lui-même, négative dans ce cas, par processus d'introjection (ex: si l'adulte n'est pas gentil avec moi, c'est que je suis vilain; s'il me dit que je ne vaux rien, c'est que c'est vrai; je suis un nul) donnant lieu à l'auto-accusation, le sentiment de culpabilité et l'auto-punition.

On vient de répondre de façon globale à la deuxième question, soit:

 

II/ Pourquoi la maltraitance principalement celle de forme parentale est-elle si destructrice dans le développement de l'enfant?

 

Maltraitances physique/sexuelle et/ou psychologique, quand elles s'installent dans une famille et qu'elles sont perpétrées par des adultes, qui plus est quand c'est un père et/ou une mère, si au mieux l'enfant présente des symptômes du stress subi qui demeurent ponctuels, il risque cependant de rester fragilisé dans sa perception qu'il a de lui-même sur le long-terme et sa relation tant à autrui qu'au monde en général risque elle aussi d'en être entièrement perturbée et pour longtemps, les séquelles à l'âge adulte les plus communément identifiées étant le manque de confiance en soi avec doute sur soi-même et sur les autres, un état d'anxiété généralisée et une tonalité dépressive de l'affect, à l'origine le ou les parents ayant enlevé à l'enfant la possibilité qu'il puisse croire en eux, de les prendre pour modèles de référence, et surtout de s'en sentir aimé et protégé.

Dès son très jeune âge, l'enfant fait, entre autres expériences, celle de l'angoisse la plus difficilement maîtrisable, soit l'angoisse existentielle, puisqu'il est agressé par une figure parentale en laquelle il ne peut plus croire, auprès de laquelle il ne peut plus se reposer, y compris littéralement (pensons aux troubles du sommeil, cauchemars, pleurs, cris et même convulsions), qui ne le protège plus ou si peu ou de façon erratique (ce qui a pour but d'intensifier l'angoisse quand on ne sait pas si on va être soutenu ou non, protégé et en sécurité ou pas du tout): l'enfant se trouve seul, face au monde (il sait alors qu'il doit se débrouiller tout seul) et, en plus, il se sent trahi.

Il est fragilisé dans l'ensemble de ses domaines de développement, à commencer par ceux directement visés par l'angoisse: les domaines psycho-affectif et émotif.

On se représente dans les cas de graves traumatismes récurrents, par exemple ceux des enfants brutalement séparés de leur figure d'attachement, l'intensité de l'angoisse vécue par ces enfants et la profondeur de leur désarroi et de leur désespoir quand ils ont été privés de ce parent protecteur qui leur assurait ou qui aurait dû leur assurer amour, affection, tendresse, sécurité et protection. Le monde de ces enfants a basculé et c'est le gouffre sans repères positifs.

                                                                                                   

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Copyright © { juin 2007} {Dominique Brunet, Ph.D.}. Tous droits réservés.

révision novembre 2012

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